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lundi 25 avril 2016

Chronique : Papa wemba à Abidjan, un rendez-vous avec la mort en direct !

Papa Wemba lors d'un concert
©Gael Masengi
La mort surprend toujours. Elle surprend autant celui qui l’apprend que celui qui la subit. Exactement comme elle vient de surprendre l’une des icônes de la musique congolaise, Papa Wemba, qui s’est effondré sur scène, le dimanche 24 avril, pour ne plus jamais se relever. Plongeant ainsi une multitude de spectateurs dans une tristesse absolue.

La mort de Papa Wemba est un Evènement qui restera à jamais gravé dans nos mémoires. Non pas seulement parce qu’elle s’est produite de manière inopinée mais beaucoup plus  parce qu’elle l’a emporté en pleine scène, micro à la main, devant les yeux du monde entier.

Même si les rumeurs sur son décès allaient déjà bon train il y a quelques jours pendant qu’il souffrait d’une petite maladie, Papa Wemba avait repris son air de ‘guerrier musical’, après sa convalescence. Même lors de cette fameuse nuit du festival des musiques urbaines d’Anoumabo où il a eu rendez-vous avec la mort devant la foule, Il était bien en forme. Bien sapé comme d’habitude. Il chantait, il dansait et… je parie que personne ne pouvait le croire que c’était là ses derniers instants sur terre. Croire, qu’au courant de cette soirée,  tout devrait s’arrêter dans une poignée de minutes. Non, c’était inimaginable. Bref, nous avions tous été surpris !

Le feu King kester Emeneya, une autre icône de la musique congolaise, est mort de façon brusque. Mais personne n’a vécu les derniers instants pendant lesquels cet illustre s’est battu dans l’unité de soins intensifs pour rendre l’âme.
La défunte Marie Misamu, star du gospel congolaise, est également décédée brutalement. Mais personne ne peut prétendre l’avoir vu pendant ses dernières minutes durant lesquelles elle agonisait dans son lit de mort avant de passer de vie au trépas. Seuls les témoignages de l’équipe médicale pourront peut-être nous aider à reconstituer l’histoire de ces instants insolites mais pas au complet.

Quant à la mort de Papa Wemba, nous n’avons pas besoin qu’on nous la raconte. Nous en sommes, nous même, témoins. Nous  l’avons vécu de nos propres yeux. Nous avons tous vu l’intégrale de ce drame qui restera, sans doute, un fait historique marquant ainsi la page noire de la culture congolaise. C’est vrai ! Nous avons tous vu Papa Wemba cette nuit là au festival des musiques urbaines d’Anoumabo à Abidjan. Nous l’avons vu sur scène en train de faire vibrer le public à travers ses belles chansons. Nous l’avons, ensuite, vu s’écrouler devant les caméras suite à un malaise qui n’a pas tardé de l’emporter définitivement. En claire, nous avons vécu en direct les derniers instants de Papa Wemba lors de son rendez-vous avec la mort à Abidjan.

Les générations futures, non plus, n’auront pas besoin qu’on leur raconte ce drame. A notre instar, Elles le vivront également de leurs propres yeux. Oui ! Parce que les images existent et existeront toujours. C’est archivé à jamais. Et n’importe qui pourra les visionner à n’importe quel moment de la vie

Y aura-t-il quelqu’un qui remplacera ce baobab de la rumba congolaise un jour? C’est moins sûr. Mais ce qui est évident c’est que la disparition de Papa Wemba nous fascinera pour toujours. Non pas parce qu’il a été un artiste populaire, mais surtout parce qu’il a quitté ce monde de façon spectaculaire… Le voir mourir sur scène en train de caresser le micro pour satisfaire son public, qui l’eut cru ?

Tout comme Dalida l’avait souhaité, bien que cela n’ait pas été le cas pour elle, Papa Wemba aussi confiait, à ses proches, son envie de quitter ce monde sur scène bercé dans le fond de la mélodie devant son public.

Et puis voilà, c’est arrivé ! Tout s’est passé comme il l’a voulu. Papa Wemba est mort sur scène devant les caméras et les projecteurs. Les drapeaux du village Molokai sont en berne. Oui ! Le vaillant soldat de la rumba congolaise a passé l’arme à gauche dans le champ de bataille. Croyez-y ! Papa Wemba a quitté ce monde le cœur tout en couleur, sans la moindre peine, et en chantant jusqu’au bout !

Par Will Cleas Nlemvo
 


samedi 19 mars 2016

Charnier de Maluku : Un an plus tard, le HRW dénonce l’inaction des autorités

La fosse commune de Maluku














Profitant de ce premier anniversaire de la découverte de la fosse commune de Maluku, l’ONG de défense des droits de l’homme, Human Right Watch (HRW), déplore et dénonce l’inaction du gouvernement congolais dans ce dossier et insiste sur la nécessité d’exhumer puis identifier les corps qui y ont été enterrés secrètement, dans la nuit du 18 au 19 mars 2015, par les forces de sécurité.   

C’est par voie d’un communiqué publié hier que l’ONG Human Right Watch a fait part de sa réprobation en dénonçant l’inaction des autorités congolaises dans l’affaire de cette fosse commune découverte à Maluku, il y a tout juste un an.

Ce charnier, situé à l’Est de la ville de Kinshasa et qui renferme un très grand nombre de cadavres, a été signalé dans la journée du 19 mars 2015 par les habitants de cette partie de la ville. Et depuis sa découverte, aucune avancée dans l’enquête visant à révéler les identités des corps qui y sont inhumés n’a été constatée.

Selon le gouvernement congolais, y seraient enterrées les dépouilles d’indigents dont les familles n’avaient pas les moyens de financer les funérailles, de morts non-identifiés et de bébés mort-nés. Une allégation rejetée par nombreux habitants de Kinshasa qui soupçonnent les autorités d’y avoir ensevelis les corps des victimes de disparitions forcées ou d’exécutions commises par les forces de sécurité congolaises au courant de l'operation '
Likofi' [lancée pour lutter contre les gangs de rue].

Face à l’indignation et au scepticisme de la population, les ministres de la justice et de l’intérieur, sous la pression des ONG internationales, avaient promis d’exhumer les corps inhumés dans cette fosse commune pour être identifié. « Mais voilà déjà un an, depuis sa découverte, aucune décision n’a été prise par les autorités pour l’ouvrir.»  Déplore le HRW dans son communiqué.

Préoccupé par cette affaire, le HRW profite de ce premier anniversaire de la découverte de cette fosse commune pour réitérer sa demande au gouvernement congolais de déterrer et identifier les corps qui y sont enfouis afin d’apporter la lumière dans cette affaire qui semble avoir été placée dans les oubliettes. « Et avec l’aide d’experts légistes internationaux, il est temps d’aller de l’avant et d’exhumer les morts » conclut le communiqué.


Will Cleas Nlemvo

vendredi 11 mars 2016

RDC : Un 8 mars en l’honneur de Rebecca Kavugho, la « héroïne » emprisonnée

Rebecca Kavugho dans sa cellule
Lors de la journée internationale des droits des femmes qui a été célébrée le 8 mars dernier, beaucoup de congolais ont rendu hommage à la jeune Rebecca Kavugho. L’adepte du mouvement LUCHA, qui est actuellement sous les verrous, a été le centre d’attention de nombreuses personnes qui ont également saisi la balle au bond pour appeler à sa libération.

Si ailleurs la journée internationale des droits des femmes a été célébrée avec des soirées de bal et des marches pacifiques, en RDC elle a beaucoup plus été rythmée par une flopée d’hommages à Rebecca Kavugho.

Avec le hashtag #FreeRebecca, des messages de soutien et d’encouragement ont foisonné dans les réseaux sociaux pour saluer le courage de cette jeune militante incarcérée dans un centre de détention à Goma.

Certains ont également saisi l’occasion pour réitérer leur demande au gouvernement de libérer cette Jeune âgée d’une vingtaine. Notamment l’ex-ministre italienne d’origine congolaise Cécile Kyenge qui, à travers un tweet, a réclamé sa libération. Même réclamation  mise en exergue dans un communiqué signé le même jour par le député national Martin Fayulu, l’un des piliers de la lutte pour l’alternance en RDC, qui a, en outre, lancé un appel à la mobilisation à cet effet.

Arrêtée le 16 février lors de la journée « Ville morte » décrétée par l’opposition politique, Rebecca Kavugho est la seule femme parmi les 6 jeunes activistes à avoir comparu devant le tribunal de Grande instance de Goma.

Appartenant tous à la LUCHA « lutte pour le changement » un mouvement qui milite pour le respect de la constitution en RDC, Rebecca et ses cinq collaborateurs, après jugement, ont été condamnés, chacun, à une peine de deux ans de prison ferme pour ‘désobéissance à l’autorité’ avant que la cour d’appel ne la réduise à 6 mois à l’issue  d’un procès tumultueux.

Dès lors, les voix se sont levées pour dénoncer un ‘procès inique’ et Rebecca est devenue une ‘héroïne’ pour les jeunes hostiles à un éventuel mandat inconstitutionnel du président Josèphe Kabila.

‘Symbole de la lutte pour la paix et l’alternance démocratique’ selon ses admirateurs, Rebecca jouit d’un large soutien tant au niveau international que national. Et cette énième célébration de la journée des droits des femmes a été une circonstance favorable, pour ceux qui la soutiennent, d'exiger sa remise en liberté.


Will Cleas Nlemvo 

jeudi 24 décembre 2015

Lexxus Legal en interview : ‘’Kongo Bololo ne prône pas l’insurrection’’

Alors que le climat politique demeure de plus en plus délétère dans le pays, Lexxus Légal, figure emblématique du Hip Hop congolais, remue, une nouvelle fois, la sphère du rap conscient à travers sa nouvelle chanson Kongo Bololo. Un titre tiré de son nouvel album ‘Leop’Art’,  Kongo Bololo est une lettre ouverte dans laquelle le rappeur tape du poing sur la table et dénonce la duplicité dans le système politique congolais. Et même en dehors du beat, l’artiste est toujours déterminé à mettre à nu cette fourberie qu’exercent nombreux de nos élus politiques. Ce qui l’a d’ailleurs poussé à nous accorder une interview exclusive autour de cette fameuse chanson qui se partage déjà en grande quantité sur internet.

Pourquoi avez-vous choisi comme titre  Kongo Bololo ?
Au départ, la chanson s’appelait la vraie démocratie. Mais juste après réflexion, mes collaborateurs m’ont proposé le titre Kongo Bololo  parce qu’ils estimaient que ce dernier relatait l'état d'esprit de la chanson.
Ça la rend plus facile à être assimilée par la population car son contenu jongle entre le français et le lingala de la rue. Et c’est pour ça que ce titre a été retenu.

Qu’est-ce qui vous a incité à écrire cette chanson ?
C’est ce qui m’a toujours poussé à écrire tous mes albums. En réalité, je ne fais que le même album tout le temps. Sauf que, comme tout humain, chaque année mon âge augmente et ma façon d’analyser les choses devient pertinente. Donc, l’album d’où la chanson est tirée est un album de l’heure.
Il n'est pas forcément cousu comme ceux qui sont à la mode. Alors voir qu’aujourd’hui l’actualité congolaise est dominée par cette problématique des élections c’est justement pour ça que j’ai fait cette chanson pour marquer le temps.

C’est donc la présente crise politique qui vous a beaucoup plus poussé à écrire cette chanson ?
Non mais le pays est en crise politique depuis très longtemps. Depuis les années 60, le pays est en crise perpétuelle.
Mais voilà que jusqu'à aujourd'hui, très peu des hommes politiques sont à la hauteur.
Nombreux se comportent toujours comme des gouverneurs de l'époque coloniale avec la médiocrité des hybrides caracterisée par la culture de l'urgence. Donc écrire un album ou une chanson dans ce sens reste dans la logique de cours de l'histoire de notre pays

Pourtant vous avez déjà eu à dénoncer des abus politiques dans d’autres chansons. Notamment dans POLITIK qui est une chanson que vous avez faite avec Fredy Masamba, Didier Awadi et Steve Mav. Pourquoi refaire encore Kongo Bololo dont le texte a presque une même connotation que celui de POLITIK ?
Evidemment ces chansons parlent presque de la même chose mais tu remarqueras que les axes sont différents. Ce qui est de particulier dans Kongo Bololo c’est le fait de voir que nous avons mis en exergue la souveraineté du peuple. Donc nous y avons montré que c’est le peuple qui est le boss. C’est lui qui donne le pouvoir, qui paie ces ministres, ces députés, etc. Et eux [des politiques] doivent travailler pour le peuple. Ils doivent arrêter de se prendre pour des dieux, ils ont intérêt à écouter la voix du peuple puis s’y soumettre.

Donc cela veut dire que Kongo Bololo s’inscrit dans le cadre du combat que mènent déjà d’autres groupes, entre autres la CENCO, le G7 qui militent aussi pour le respect de la démocratie en RDC ?
Dans ma chanson je ne suis pas en train de soutenir qui que ce soit. Je ne parle que de mon art, de ma musique. Je comprends la position de la CENCO et du G7 mais je suis avant tout un artiste.
Je vis dans ce pays au milieu de ce peuple dont moi même je fais parti.
Je parle en mon nom et de ceux qui se reconaissent dans mes propos.
Je ne soutiens personne en particulier si ce n'est l'amélioration de mon quotidien, de celui de mes enfants, de ma commune, de la capitale et du pays.
Bref, dans ce morceau, je soutiens la justice sociale et la bonne marche des institutions.

Quand vous dites, dans cette chanson, que «la vraie démocratie n’est pas au parlement […] elle habite la rue, c’est la rue qui la nourrit. Cela veut dire quoi en réalité ?
Sort dans la rue et pose, aux passants, la question de savoir ce que c’est le rôle d’un député. Tu verras que nombreux ne le savent pas. On les appelle même ‘honorables’, une appellation qui devrait être bannie depuis longtemps si ça ne dépendait que de moi. Ces gens là, qui forment l’assemblée nationale, nous ramènent des t-shirts, promettent de réhabiliter nos routes mais tout ça c’est des conneries. En réalité, leur rôle ne consiste pas à réhabiliter des routes ou construire des ponts. Ça consiste plutôt à légiférer, contrôler l'exécutif, la gestion du portefeuille de l'
Etat et de l'autorité budgétaire point barre. Mais eux, par contre, mentent à la population. Ils nous promettent la lune pour avoir nos voix et discutent de leurs émoluments une fois qu’ils seront au parlement. Bref ils n’incarnent pas la démocratie.


Vous pensez quoi de ceux qui considèrent Kongo Bololo comme une chanson au contenu insurrectionnel et anti-gouvernant?
C’est des foutaises ! Kongo Bololo ne prône pas l’insurrection d’une manière ou d’une autre. C’est plutôt une chanson d’éveil. Elle interpelle ces élus politiques pour leur dire qu’ils doivent faire très attention car le peuple a tout compris, comme a chanté Tiken. Qu’ils sachent que Le peuple de 2006 et de 2011 n’est pas le même que celui de 2016 qui arrive bientôt. Et que cette fois le peuple va jouer pour ses intérêts. Donc il ne choisira plus en fonction d’ethnie ou d’un parti politique. Il a maintenant l’œil ouvert.

Pourquoi avez-vous distribué gratuitement Kongo Bololo sur internet en ayant gardé d’autres chansons jusqu’à la vente officielle de l’album en streaming?
Les gens pensent que c’est gratuit parce qu’ils n’ont pas l’impression d’avoir donné un sous. Mais en réalité ce n’est pas gratuit. Le téléchargement libre de cette chanson c’est une nouvelle forme du modèle économique. Déjà après chaque téléchargement, notre serveur enregistre le nombre de gens qui téléchargent la chanson grâce à leurs adresses e-mails qu’ils y laissent. Cela nous permettra d’estimer le nombre limité des CD qui seront distribués à ceux qui seront prêts à nous payer sur le champ.


Par Will Cleas Nlemvo

jeudi 17 décembre 2015

LE COMPTE TWITTER DE L’ORDURIER SUSPENDU : LA TWITTOSPHERE CONGOLAISE S’ENFLAMME

Depuis que le compte twitter de L’ordurier a été suspendu, la colère de la communauté congolaise sur twitter enfle peu à peu. Nombreux se mobilisent pour pétitionner en faveur de ce compte.

Ça fait plus d’un jour déjà que les twittos congolais grincent des dents car ils ne voient  aucun tweet de Joseph L’ordure sur leurs Timeline.

Le compte de ce fameux @ordurier à la grande gueule est devenu inaccessible depuis le 13 décembre date à laquelle il a posté pour la dernière fois.

A priori, ce compte a été suspendu par Twitter. Peut-être à cause de ses coups de gueule, ses offenses à répétition contre toutes personnes s’opposant à son point de vue, ce qui a -d’ailleurs- fait flamber sa notoriété sur Twitter. Mais en réalité, nous ignorons encore  les vraies raisons qui ont poussé Twitter à censurer cet internaute.

Cette suspension, a provoqué une vague d’indignation des twittos congolais. En afrique comme ailleurs, ils s’organisent pour lancer une pétition contre twitter afin de réclamer la réouverture de ce compte à l’avatar d’une tête de mort en colère orné des rameaux rouges, d’une bêche et d’une pioche.

Joseph L’ordure, qui a comme pseudo twitter @ordurier, est une personne à l’identité inconnue, qui emballe la twittosphère congolaise depuis un certain temps. Il est beaucoup plus connu pour sa prise de position radicalement hostile à l’égard du gouvernement congolais. Mais il a plutôt réussi à faire grimper son nombre de  followers  grâce à ses insultes et remontrances qu’il  poste  souvent en guise de réponse aux tweets de différentes grandes figures de l’actuel gouvernement.  Ce n’est donc pas en vain qu’il s’est surnommé « Ordurier » car il l’avait su qu’il va être une véritable « Ordure » pour la plupart de ces politiques qu’il adore traiter des ‘macaques’.  Ce qui a poussé bon nombre des dirigeants congolais, n’ayant pas supporté ses offenses, à le bloqué sur Twitter.

Sa disparition de Twitter a été vite remarquée d’autant plus qu’il ne s’est pas prononcé depuis le dernier discours du chef de l’Etat devant le congrès. Ce qui a provoqué l’indignation de la Twittosphère congolaise qui, pour l’instant, se mobilise pour réclamer rien que son retour imminent sur Twitter.


Will’ Cleas  Nlemvo

mardi 17 novembre 2015

ATTENTATS A PARIS : QUAND LES DITS « PATRIOTISTES » DEVIENNENT PLUS RADICAUX QUE LES ISLAMISTES

Tout comme les attaques terroristes  du 7 janvier  contre Charlie Hebdo en France avaient divisé des sociétés, celles du vendredi dernier à paris ont également  provoqué des réactions à deux vitesses tant en Afrique qu’ailleurs. Particulièrement en RDC où les dits « patriotistes » se sont montrés radicaux en multipliant des messages très virulents envers les français. Ce qui n’a pas empêché les «Je suis Paris » de compatir avec les victimes de cette attaque malgré des moqueries qu’ils ont dûes essuyer.

Jamais des attentas terroristes n’ont autant créé des divergences d’avis en Afrique comme ceux perpétrés le vendredi dernier en plein paris.

Notamment en RDC où ces attentats ont aussi beaucoup fait parler, les points de vue des congolais n’ont pas été homogènes.

Ce drame a autant divisé la société congolaise jusqu’à créer deux courants d’opinion. D’un coté, il y a eu les « Je suis Paris », ceux qui ont témoigné de la compassion aux français et qui, en guise de soutien, ont fièrement affiché le drapeau français sur leurs profils des médias sociaux. Et de l’autre coté, il y a eu les « Je suis Kivu » qui se sont montrés plutôt indifférents à la tuerie de Paris et ont préféré commémorer leurs 6 millions de morts tués dans des massacres qui sévissent à l’Ets de la RDC. Ce qui leur a valu la qualification de « Patriotistes » mot inventé par l’autre camp pour dénoncer  le patriotisme  de ces derniers jugé trop exagéré.  Les deux camps se sont livrés à une rude bataille d’opinion via les réseaux sociaux.

Dans cette guerre d’argument, les «Je suis Kivu » se sont faits remarquer de par leur attitude très hostile envers le peuple français. Ils ont justifié leur indifférence  à ce carnage en dénonçant l’attitude plutôt « froide » de l’occident et du monde entier quand il s’agit des génocides sur leur sol. « Ici chez nous, on enterre des  centaines des victimes des massacre  par jour mais aucun français n’a pensé à placer, sur son profil facebook,  une  photo à l’effigie du drapeau de mon pays pour rendre hommage à nos frères tués. Et comment pourrons-nous le faire quand il y a eu carnage chez eux» ? S’interrogent certains d’eux. « Si les 130 victimes des attentats à paris méritent une minute de silence, nos millions des morts en RDC méritent que l’on se taise à jamais », ajoutent-ils.

Le mouvement « je suis Kivu » s’est, également, montré beaucoup plus radical comme jamais au paravent. Il s’est réjoui  d’avoir vu le sang coulé sur le sol français. «Les français  doivent aussi vivre ce que nous vivons chez nous au quotidien » lance un des partisans de ce mouvement sur sa page facebook avant qu’un autre renchérisse en disant « Ce n’est que le début ça. Ils vont encore payer cher pour ce qu’ils ont fait en Libye, au Rwanda, en Centre-Afrique et au Congo-Brazza. Qu’ils continuent à s’ingérer en Afrique, ils payeront toujours cher ! »


Will Cleas Nlemvo

mercredi 10 juin 2015

Législatives en RDC : la députation, un job en Or qui attire

‘Tout lâcher pour un siège au parlement’, telle est la détermination de toutes ces personnes qui abandonnent leurs activités pourtant rentables afin de gagner des sièges au sein du parlement congolais. Il semble que la députation devient le seul boulot qui paie mieux… en tout cas, pour ceux là, vu leur motivation, en effet !
Ils sont journalistes, professeurs, artistes, pasteurs, sportifs, les gens des tous les domaines qui désertent les secteurs de leurs compétences en vue de rejoindre l’hémicycle du parlement congolais et porter le statut de ‘élu du peuple’. Ce qui provoque un dépôt massif de candidatures lors de chaque législatives. Vu l’engouement des toutes ces personnes soucieuses de devenir parlementaires, nous n’avons qu’à estimer que la députation dévient un job en or accessible à tous.     
Depuis les premières élections démocratiques en 2006, nous constatons que le nombre de candidats aux postes électifs augmente de façon vertigineuse à chaque période électorale. Comme l’a indiqué une journaliste via son compte twitter, ‘la CENI aurait déjà réceptionné 17 410 candidatures pour seulement 711 sièges aux élections provinciales  de 2016’. Parmi les postulants qui ont fait couler beaucoup d’encres, nous pouvons citer Robert Kidiaba Muteba, Pamphile Miyayo et Jean Kasusula qui sont tous les trois, pourtant, les stars du football congolais. Connus par le grand public pour avoir mené des bonnes carrières en équipe nationale, ces stars du ballon rond ont préféré troquer leurs maillots de foot pour des éventuels costume-cravates : tenue à la mode de députés congolais. Une décision très commentée par différents médias car personne ne pouvait s’attendre à ce que ces icones du football congolais choisissent de quitter la pelouse du stade pour des probables sièges au sein du parlement congolais.
 Si ces candidats prétendent tous  vouloir aller au parlement pour « défendre l’intérêt du peuple », les commentaires des uns et des autres évoquent différentes autres raisons qui les motivent à se jeter à corps perdu dans la députation souvent avec aucun bagage politique.
A en croire ce qu’avait publié le site d’information www.KongoTimes.info sur la hausse du salaire des députés et sénateurs qui était passé de 6.000 USD à 13.000 USD par mois, nul ne pourra contester que la plupart de ces postulants qui abandonnent leurs métiers pour une place au parlement sont beaucoup plus aiguillonnés par l’envie de gagner encore plus de sous que par le soucis de défendre l’intérêt de leurs communautés. Sans oublier que les différents privilèges, entre autres les véhicules officiels, les voyages à l’étranger, l’immunité dont jouissent les parlementaires de la dernière législature constituent également la base de cette affluence de candidatures aux élections à venir. Ce qui rend à la CENI la tache difficile car avec un nombre de candidats excessivement élevé, l’organisation des élections n’a jamais été aussi simple.
Mais peut-on reformer ce secteur afin d’éviter l’afflux de candidatures venues des toutes sortes des personnes ? Comme le suggère un politologue qui a requis l’anonymat, « la reforme doit se faire au niveau des partis politiques. Ils doivent veiller aux choix de leurs candidats en tenant compte des critères pouvant aider les électeurs à accorder leurs suffrages aux postulants qui, une fois élus, seront susceptibles de contribuer au progrès de la nation ». Sinon avec cette ruée de candidatures à chaque législatives, « nous risquons d’avoir des tintin au parlement » comme l’a dit un jeune étudiant pour se moquer des élus qui ne valent absolument rien.

Cleas Nlemvo
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